Le Caprice

Âme, madame
Sésame, tendre amante
Suave… ô menthe
Œuvre
D’Art, savheur’
Liqueur noire
Miroir-couleuvre ;
Il s’en est fallu un temps
Que revoilà le printemps
Qui embaume les pétales
Mélasses’, belles endormies
Brunies au mièvre vin de palme,
Chevelure de fleur praline
Où languit l’anatomie
Ta grâce, rosace étalée
Au couchant
Enivre vallées, tel’ encens
Livre, des eaux cannelle
Et vers cette éphémère chair
En ce sein
Est allée mon avarice
D’un caprice niché dans ton galbe.

Carnets en poésie septaine : Comme une lettre à ton ombre, 2018.
Crédit à la photographie : mannequin Angèle White ; photographe Tlex.

Chroniques de Francie


Belle France
Elle, lavande rance
Fièvre-danse

Prunelle

Anse flanelle
Cascatelle, arborescence
Habitance-citadelle

Ô ravissante Marie-Anne

Qui arpente au rif campagnes
Lumière chantant :« République » !
Étendard des sans-culottes,
ardent faisceau du régime
démocratique, patriotes
aux remparts de nos compagnes.

Ô belle France, elle, lavande rance…


Éternelle hirondelle

Aimante, clémente
Fève d’abondance

Efflorescente résilience, fidèle hôtel ;

Mademoiselle universelle — élégance transcendante.

Ô Francie

Je ne saurais vivre
Qu’avec ton doux sourire.

Carnets en poésie septaine : Comme une lettre à ton ombre, 2018.
Crédit à la photographie : Delacroix, La Liberté guidant le Peuple, 1830.

Le Petit tombeau sous l'Océan

À travers les sentiers meurtris
Par la haine
Peu importe les douleurs
Peu importe les péchés
Par-delà l’océan bleu
Qui s’étend sur des horizons
Lointains
Cette terre qui frissonne
La perpétuelle flamme
De mon cœur
Illuminera, par-dessus les pierres
Ton doux visage empli de lumière.

Composé en 2011, extrait du recueil Ange de la Lune, 2015. Revue Poésie/Première, édition 63, 2016.

Roma Mia !

Chère Roma,
Belle ma donna
Éternelle città…
Sixtine,
Colisée, Trévi
Brise d’été
Cerise’et myrte
Dans les travées d’Ilia
Via Condotti, quartiere
Monti e ristorante
La reine Gwenita cavale
Éprise de mille et une vies ;
Satinée par le soleil
Sa robe frémit au vent d’Aise
Souvenirs, souvenirs…dell’opera !
Divenire l’art
Toccata : voilà ! Soupir’ nuit
Musique divine, elle enluminera
Je
T’embrasse, t’enlace…toi qui
Murmure sous le ciel azur
Demoiselle italienne, Roma mia.

Carnets en poésie septaine : Comme une lettre à ton ombre, 2019.

L'Aumône du Désespoir


Un groupe d’enfants sourit, édentés et chétifs
Ils jonchent ces bars puant la bière et la misère
Ils jouent dans ces allées, suffoquent dans la poussière
Leur mère ne les voit plus, son œil est maladif

Au kilomètre cinq, les véhicules pullulent
Au creux des caniveaux, les hommes prolifèrent
Ignorant ces enfants qui de leur âme amère
Tentent une belle incartade, oubliés dans leur bulle.

Et de ces êtres affreux émane une folie
Qui me fait lentement dériver telle une ombre
Abandonnée fuyant la rumeur et le bruit

Où trouver le refuge ? Où fuir dans cette nuit ?
Où trouver cette nuit ? Où fuir dans ce refuge ?
Où trouver cette fuit’ ? Où fuir dans cette nuge ?

Sonnets, co-écrit avec Siegfried Bahaba et corrigé par Muriel Malus, 2012. Primé lors du concours Dis-moi Dix mots, organisé par l'Académie Française sous le parrainage de Yasmina Khadra.
Crédit à la photographie : Borgen Magazine.

Nuit étoilée

Léger comme la Lune
Éphémère tel un rideau de poussière
Le voile s’étend par-delà la lumière
À travers la cloison de verre
Qui abrite cette muse

Quelle belle ivresse !
Magie sempiternelle
L’Épouse parfaite
Sous le Vent de la liberté
Transporte une Élégante clarté

Et cette formidable Prêtresse
Dans un univers constellé de mille et un vers …

Respire la nuit.

Pièce isolée en vers libre, 2016.
Crédit à la peinture : Van Gogh, Starry Night, 1889.

Elle


Elle, qui marche dans la nuit
À la recherche des esprits d’antan
Sur les routes de l’ennui
Les harcèle tout le temps

Elle regarde ce monde
Si merveilleux
Dans le rythme des mémos
Mais pourtant réservé à ses aïeux

Elle court, court
Sans jamais trouver la solution,
Humiliée et prise de court
Cherchant sa résolution

Elle s’approche de sa maison
Nourrissant un espoir
Puis découvre une trahison
Les innocents n’ont point de soirs

Ces sentiers pernicieux
Souvent tristes dans la nuit

Elle, à travers le désespoir
Les a connus

Au sein d’un monde

Où il faut une raison de vivre.

Poème composé en 2011, extrait du recueil Ange de la Lune, 2015.
Crédit : https://www.pinterest.fr/pin/300756081352179902/

Les regarder s'embrasser


Heureux
Ils sont deux
Ce sont eux
Les regarder s’embrasser
Ils s’enlacent
Se prélassent
Jamais ne se lassent
Les regarder s’embrasser
En cette nuitée d’hiver
Les regarder s’embrasser
Loin du monde
Loin des ondes
Du mensonge
Ils essaiment
Leurs poèmes
Et ils s’aiment
En silence
Les regarder s’embrasser.

Ange de la Lune, 2015.

La Fin

J‘erre en ces terrains sombres
L’âme vagabonde
Et le cœur en vogue
Je suis pris entre deux étaux
Qui séparent le monde que je suis
Et celui dont je ne suis pas

Je hais la société
Les gens, l’enveloppe
Il n’y ait pour moi d’autre pureté
Que l’harmonie absolue
Celle du commencement
Celle de nos ancêtres

La vie n’a de sens que pour celui qui a cessé de la vivre.
La mort n’a d’attrait que pour le vivant.
Oh, pleure, saigne mon art
Esprit de feu et de lumière
Qui me fait exister

Et me contraint, en cette humanité
À errer en ces terrains sombres
L’âme vagabonde
Le cœur en vogue
Je suis pris entre deux étaux
Qui séparent le monde que je suis
Et celui dont je ne suis pas
J’erre sans fin
Jusqu’à l’orée de la prochaine foi
Et le lever de rideau final.

Poème en vers libre, 2017.

Une part de moi s'est envolée

Une part de moi s’est envolée
Elle s’en est allée 
Loin derrière les champs de blé
Elle a ainsi traversé
Les rivières écumées
Aussi légère qu’une dulcinée
Elle a volé, volé
Et mystère, ne sera rentrée
Ingrate, elle a dépassé l’orée
Son joli teint miroite au ciel
Il éblouit tel un éclat couleur miel
Elle s’enfuit comme une hirondelle
Diantre, comment la rattraper dans l'éternité ?
Partie
Une part de moi s’est envolée
Elle s’en est allée
Loin derrière les champs de la velléité.


Ange de la Lune, 2015. Revue Poésie/Première, édition 63, 2016.

L'Autoroute des Ombres


Je longe seul ces couloirs sinistres
Aucune idée, pas la moindre pensée
Rien ne daigne traverser mon esprit
Je suis un simple fait, le ministre
D’une perdition encore inachevée
Il n’y ait que taire, plus de bruit
Ce n’est que l’avènement de la fin
Tout débuta furent quelques mois de cela
En-deçà de mon être je me trouvais
Lorsqu’une forme inconnue m’emporta
Sans pitié était-elle, désarmée chut ma foi
Sur les sentiers enneigés du mal
L’esprit limité, point même de mânes
Puisse : je nageais ; je nageais dans le froid
Qu’importe à présent
Nul besoin de combattre
Les ombres se sont emparées de moi
Tel un pantin saupoudré de désarroi
C’en est fait, je n’en puis plus
Désormais tel un fichu
Ainsi je vous appelle à l’aide
Sans la moindre once d’esprit
Mais bien ce qui persiste de conscience
Je vous appelle donc et vous supplie
Mains jointes je vous conjure !
De m’accorder un semblant de survivance…
À présent vous saurez en quel lieu
En quelle demeure siège le mal
Le véritable, l’absolu, l’incongru
Sur le chemin de l’indigence
À l’orée des cyprès et par-delà
Celui qui se targue de tout milieu
Le même qui nous rend furieux
C’est le cri d’un handicap désespéré,
Que vous venez de recevoir en vérité
Je ne puis m’empêcher de vous décevoir
Autant donc commettre ce blasphème
Rien de bon que le délibéré
Celui-ci dont je fus jadis privé
C’en est fait
J’erre en ces endroits garnis de méfaits
Je suis, donc j’existe
Cependant j’erre, vous dis-je
Seulement,
Aussi niais que la moindre des âmes
Que la dernière grâce
Oracle sombre
Je suis donc je ménuis
Créature de la nuit
Sur l’autoroute des ombres.

Composé en 2013, extrait d'Ange de la Lune, 2015. Revue Poésie/Première, édition 63, 2016.

La mer(e) 

Je voyage
En bateau
Telle une onde, une essence
Je respire
Me laisse bercer au gré du vent
Heureux sans en savoir la raison
Au loin je ne vois qu'elle
Ses eaux sont d'une infinie beauté
Et je contemple
Amoureux, joyeux
Juste heureux de vivre
En communion avec ma mère
Les effluves bleues embaumer
Mes ultimes défaillances à l'abri d'un coussinet 
À la conquête d'une vie entière
Avec harmonie 
Comme si rien ne pouvait supplanter cette féerie 
Pas même le Paradis,
Et puis lentement émerger dans un baiser
Afin de nager avec la mer.


Ange de la Lune, 2015.

Crédit à l'image : couverture, Old man & the sea, Hemingway.

La parole à...

Voltaire : «La poésie est la musique de l'âme, et surtout des âmes grandes et sensibles.», Dictionnaire philosophique, 1764.

Tableau de Kandinsky, 1913.

Lost In The Water

It is raining
Your tears are flowing
A slide on your frail heart
Whispering in the dark
Your wet hairs
Waving in the air
You were frozen alone
Like a dead anon stone
See, everything is moving
Crying, for my fallen soul
Is tormented into the glow,
For your selfish spirit
A fluttering flower
Without mind and wish
Is now lost in the water.

Pièce en version originale anglaise, Ange de la Lune, 2015.
Crédit à l'image : The Shape Of Water, un long-métrage de Guillermo del Toro, 2017.

La Rose des prés


Là-bas dans les prés,
Se tenait une fée
Prêtresse, Majesté
Le regard rivé à la cime de l’horizon,
La main apposant son délicat réconfort sur le mont des idées
Et, nattée, la chevelure-couronne au vent
Tandis que dans un miroitement, le soleil se coulait sur sa peau couleur caramel, d’où jaillissait çà et là un mariage d’étincelles de dorures ;
Comme si la lumière était née en elle, qui taquine les ombres sous la bougie endormies.
Elle, qui tel un oasis, fut l’aimée des oiseaux, dont le chant mélodieux la couvrait de tendresse ainsi que de louanges.
Elle, dont les habits épousaient quelques formes magnifiques, ces reliques clamant : « je suis » !
Et il y avait pourtant chez elle un secret,
Ce petit air de quelque chose, de tout mais de rien, de grâce et de délicatesse.
Une intime intrigue que la lyre du poète Apollon volontiers érigerait en hymne, en geste.
Elle était d’une beauté tantôt luisante, tantôt froide,
Roide de glace, à mesure que le drame des vies qui se recueillaient dans la niche de ses yeux semblait défiler à l’infini, implorant la paix de cœur et de l’âme.
Tragédie !  Sa fabuleuse destinée la vouait-elle à demeurer cygne parmi les canards, si-reine dans l’abri des lamantins ? C’est qu’elle avait connu mille aventures…Autant de joies que de tristesses, qui narraient son histoire.
Puisse ! respiraient avec elle les charmes, aussi délices de la terre entière. Le monde déroberait bien à ces lèvres closes dans un murmure, la douceur salvatrice d’un langoureux baiser.
Femme africaine, femme fierté
Mère de l’humanité, mère qui égrène
Désormais ne crains plus, Cerise noire ;
Tu es le chef-d’œuvre d’un art immortel.
Ô rose, oui Aphrodite !
À toi Elle, fée qui se tenait là-bas dans les prés
Que je m’enivre de ta redoutable beauté, et me noie dans ta grâce infinie.

 

Pour Sadjo Paquita, la rose des prés ; 2019.
Crédit à la photographie, mannequin : Sadjo Paquita.

La Litanie du marin-moine


Le regard au loin
Dans l’obscurité contemplant
Rieur et solitaire
Un vieil esprit récitait
Autrefois la litanie de sa sinistre lyre

*
« Flots, écume
Matelot, amure… écritbrume
D’aventures  agitato
 
Las
Glas, bel’humanité
Éplumée d’âme
Car-hélas : velléité ! »


Vivait cet homme incompris
Sur son bateau à l’abri
D’un monde en proie ‘la furie
Tristesse qui ét.r.eint la vie
Ô lente agonie qu’il fuit ; le voici :
Cet homme s’appelait Antoine
Et il était marin-moine.
 
« Chantait
l’éternelle coalescence-effluence
Paix vivante
Alliance, survivance ? Portefaix émotionnel. »
 
Il naviguait en ces eaux
Assis dans l’immensité
Des ciel et mer ; mondes bleutés
Y gravait tel mémento
Cendres et noirceurs d’un passé
Qui de regrets l’accabla
Si longtemps comme un nabla.
 
« Hors d’ici règne cruauté
Où pères, mères, pour un denier
Frères, sœurs, pour un haut parage
Et ces camarades-mirage
S’écharpent, s’encanaillent sans foi
Quel espoir pour qui n’y croit ?
Quelle joie, matins sans desstein ?
 
—  Je découvre la vérité
Savoure la sérénité
Le temps n’a guère plus d’emprise
Pour celui ayant cessé
De courir la fièvre grise
Ami, je m’appelle Antoine
Marin-moine...et enfin moi ! »


Poème en vers " septains ", 2019.
Crédit à l'image : The Monk By The Sea, un tableau de Caspar Friedrich, 1810.

L'Âme au Mali

Dans leur regard bruissait la clameur de l’espoir
Eux, qui n’avaient de cesse d’embrasser le grand monde
Si vaste, s’élançant par-delà lueurs moribondes
Petits êtres hagards, miel d’une vie dérisoire
 
« Ô tendres promesses de plénitude qui dorment ce soir…
Pour peu que votre grâce ne se détourne de l’immonde
Qui émane de nos mièvres jeux d’enfance vagabonde ! »
Oh ! « allons, mes chers démons, anges par votre histoire. »
 
Une femme se tenait là non loin, à leur côté
Elle s’adressait ainsi à cette humanité :
« Majesté sans bonté est damnée
 
—Toi qui erre là, je te vois ; mon amie meurtrie. »
Ainsi nous enseigne : pour toute richesse, nous n’avons qu’à aimer
Lamomali nous, mémoires de sa vie.

À Mariam Keïta,
La Majesté malienne pleine de bonté ;
Et à ces enfants oubliés
Dont le simple souvenir
Fait notre humanité.

Poème en sonnet français classique, 2019.

Je l'ai senti

Je l'ai senti
Le doux bruissement
Du vent qui s'ébat
Sur les contrées lointaines


Il poursuit
Ses frivoles aventures
Jusqu'à l'oraison prochaine
Celle qui transcende les esprits

Tu l'as senti
Le doux bruissement
Du vent qui s'ébat
Sur les contrées lointaines

Et bourdonne à tes oreilles
Bien au-delà du réel
Tout au fond 
De ton nid de pierre

Comme j'ai senti 
La tendre effluve
De ton parfum
Murmurant une dernière fois
Les échos d’amour dont tu me comblais de tes soins

Je l'ai senti
Les sentiments resteront tels quels
D'une étincelle perpétuelle
Et d'un amour éternel

Ce doux bruissement
Du vent qui s'ébat
Sur les contrées lointaines

Il poursuit
Ses frivoles aventures
Jusqu'à l'oraison prochaine
Celle qui transcende les esprits

Je l'ai senti 
Et tu l'as senti aussi
Par-delà le lierre couvert de lys
En souvenir du passé

Des deux côtés du miroir
À l’unisson de vie et de mort
D’une seule âme 
Nous l'avons senti.

Poème en vers libre, Ange de la Lune, 2015.

Crédit à la photographie : adaptation du ' Romeo & Juliet ' de Shakespeare par Robert Hill, avec la troupe de l'Orlando Ballet and Philharmonic Orchestra au Walt Disney Theater.

Demain ne reviendra plus

Demain ne reviendra plus ; souvenirs d'hier,
 Là, qui nous hantent et se nourrissent de nos tourments
 Et voilà que dansent, au bal des regrets-amants
 Nos soupirs, les espoirs allés en croisière.
 
Bruisse alors la voix du temps, qui perdu encor
Dans les méandres de nos non-dits, au chevet de
L’amour se mourant aujourd’hui…ce temps minaude,
Pleure, telle lente agonie de la déesse Hathor.
 
Et rien ni point n’apaisera peine en nos vies
Là où l’éternité déjà, de nostalgie
Nous baigne à l’envi en ces fracas de « si ». Oui,
 
Demain ne reviendra plus ; des larmes retenus,
 Le présent s'étalant d'hier à l'infini,
 Nos cœurs las, de leur bonheur se sont dévêtus.

Poème en sonnet, 2019.
Crédit à la photographie : Miguel Sobreira.

Le Jardin de Gaëna

Dans le jardin de Gaëna, loin des élans du monde,
Les enfants gambadent heureux par la symphonie
Qui embaume les cœurs joyeux respirant la vie,
Pareille au soleil dont la chaleur nous abonde.

Ils courent et courent, jouent et rient ; s’enivrent d’être libres
De plaisir, aux éclats se font des embrassades
Sans jamais pouvoir cesser, pour ne finir las
Comme leur entourage, de ces tirades qui ne vibrent.

Enfin le fardeau des ans qui se défilent gris
Rattrape hélas l’insouciance de ces anges mûris
Puis les contraint à renoncer à leur vertu

Cependant bien avant, ils satineront les
Belles fleurs d’humanité que nous avons perdues
Gardiens de Gaëna, l'Amour qui les allaite.

Sonnet, 2019.

Errance humaine

Sous cette lueur qui s'éteint
La nuit furieuse s’avance
Défie la saveur rance du chagrin
Niché là-bas en milieu du désespoir

Un amour, de rage dorénavant éperdu
Vient troubler de son reflux l'accalmie des soirs
Le sort et le spleen perdurent
Tel sur l’âme le fracas des larmes
Dans l’infini d’un entrelacs

Puis ici enfin, deux amants
Pleurant sans gène
En une fièvre homogène
Le rêve allé de leur enfant.


Poème en vers libre, 2019.
Crédit à l'image : Slava Groshev. 

Amanda

Tu murmurais, un sourire t’habillant les lèvres
L’humanité ayant quelque chose de changé
Dans la malice de tes yeux sevrés de rêves,
Qu’il valait mieux s’évader ; à quoi bon exister ?

Tu te sentais seule, parmi les décombres, les
Espoirs avortés de ces âmes vagabondes qui
Venaient cueillir les épines de l'amour, ce lait
Originel désormais enfoui dans la nuit

Écoute Amanda chérie, ton coeur parti ailleurs
Lové dans l’heur, n’est pas l’un des leurs. Ces talons noirs
Crissant les mensonges faisant toutefois mon bonheur
Là-bas, dans cette sombre ruelle, n’émanent pas de toi.

Pour m’enivrer de ton nu, Amie écoute-moi :
Ce soir, reviens pour toujours Amanda.

Sonnet élisabéthain, 2019.

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