Sois lumière en ce monde...

Fluctuat nec mergitur

Requiem Lacrimosa, Lamentoso

Contre un sofa, gisait-elle là ;

Un pan d’étoffe de sa stola 

Découvrait un versant de sein

Diaphane, à l’airain satiné,

Sous-quel quelque pouls passionné

Mouvait sa tignasse d’apocyn. 

Son bras sur coussin de velours,

Dans la cantina d'une loure,

Valéria la poephila

Roucoulait effluves de lente —

Tout printemps, et pétales galantes —,

Requiem vers son isola. 

Soudain ! : frétillèrent sa parure,

Ses cils pleins khôl ; Ô ! sade cyanure !

Tandis qu’elle soupirait, pâmait !

Lèvres roides...teintes au pourpre La Scala...

Milan, après les courtines lasse,

Candele lacrimant, dormait.

Ode, novembre 2020.
Photographie : Anka Zhuravleva.
Dessin ( ci-dessous ) : Naegikun

Portrait de Valeria, la Poephila, Naegikun

Requiem, Argument

Tard dans la nuit, Valéria, une artiste dramatique — probablement cantatrice d’opéra —, agonise, seule dans une chambre. Coulée contre un divan, la poitrine presque découverte, richement vêtue et parée d'atours. (...)


Se sachant condamnée, elle n’est pourtant ni triste, ni craintive. Elle chante son propre requiem, comme un phénix dans ses dernières heures, dont les airs sont mystérieusement emplis de chaleur et de gaieté printanières. Mais elle est interrompue dans sa musique par la mort ; vive, furtive, imprévisible ; amenée par la coupe de cyanure qu’elle a d'elle-même bue, quelques instants auparavant. (...)


 Au-dehors, la ville de Milan semble endormie. Toutefois, ses lumières sont fuyantes, comme si elles pleuraient la fin de la grande prima donna, dont la scène d’agonie leur avait pourtant été cachée par les rideaux aux fenêtres. La diva part comme elle a vécu, en vedette charismatique : maquillée, en grande toilette, et livrant une dernière fois son art lyrique.

Le Chant des Anges, mouvement deux : Clair de Lune.

Il y a, sous un clair de lune, 

Des indigents se cachant 

 

Au silence du monde dormant, 

Le temps d’une accalmie brune ; 

 

Ils traînent la croix de lheures* lie, 
Cependant qu’un ange brume, passe… 

 

«Et il y a ton quiet soupirail qui les voit, Debussy.»

Poème en vers septains, 2020.

Manifeste

Contempler le monde

« L'essence même du poète, c'est de ne se taire jamais, dans l'espoir du salutaire, au risque d'être pris pour un ahuri. Véritable veilleur au rempart, d'abord seul à crier et premier à périr face à l'adversité, puis premier à qui l'on rend les honneurs une fois que les assiégeants de la cité ont été repoussés.»

 

Vivre et écrire

« Il était poète ; il peuplait la vie de fantômes et de rêves...il n'était jamais vraiment seul.», Maupassant.

Aimer

« Le poème est ascension furieuse (...) création rythmique de la Beauté.» René Char & Edgar Allan Poe.

Faisons connaissance !

Poète, d'héritage romantique et symboliste ; auteur de fantaisies dramatiques et de fresques historiques. Libre penseur ; architecte du rêve et créateur d'espoir.
« Il faut être toujours ivre. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules, il faut s’enivrer sans trêve. De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais de grâce, enivrez-vous ! », Charles Baudelaire.
Chaque personne raconte son histoire du monde...